
Moi-peau n°2, B. Falibois – Photo : © E.Eygreteau
#5 CARNATION VEGETALE // biennale Organo
Cette 5ème édition nous transporte dans un univers perfusé à la chlorophylle où la couleur de nos chairs semble avoir muté vers un camaïeu de verts.
Inspirés par la thématique, les artistes explorent le thème du végétal et offrent leur regard sur les préoccupations et réflexions écologiques actuelles.
Certains mettent en lumière une relation naturelle et spontanée avec le monde végétal. C’est le cas des images solarisées de Gabriel Calviac qui capturent la beauté imprévisible de la nature, des photographies de Jean-Pierre Rey où des femmes nues se parent de fleurs et de feuilles. D’autres explorent des liens encore plus profonds avec la nature : la gravure de la déesse péruvienne de la terre de Carmen Herrera Nolorve, la radiographie brodée de Laure Joyeux ou encore la sculpture végétale d’Elissar Kanso, évoquent des racines ancestrales et des symboles puissants, suggérant des connexions intemporelles et archéologiques avec le monde naturel...

... D’autres artistes abordent les perspectives médicinales et thérapeutiques des plantes : Marine Nouvel, à travers ses photographies de greffes de champignons sur un corps humain, met en lumière le potentiel de la botanique appliquée. De son côté, Nadia Russell met en scène, dans ses vidéos, des masques de beauté à base de bave d’escargot, illustrant ainsi l’utilisation d’éléments naturels pour prendre soin de son corps. D’autres encore préfèrent aborder la nature de manière ludique et décalée : l’installation de DS qui utilise des fruits et des légumes comme objets de soumission dans un contexte BDSM vegan apporte une touche provocante et humoristique. La vidéo d’Adriano Riva, quant à elle, met en scène la lenteur de la nature d’une façon burlesque et joyeuse, transformant ce qui pourrait être ordinaire en un moment de pur divertissement.
Mais la plupart des créations évoquent un monde où humains et végétaux ont totalement fusionné : les estampes d’Iris Miranda dépeignent des corps-plantes qui foisonnent de plaisir, les dessins de David Ortsmann montrent des personnages disparaissant sous des couches de verdure, les photomontages de Juliette Pélinard révèlent des entrelacs de chair et de végétation, les photographies de Bruno Falibois exposent un corps bourgeonnant, les peintures poétiques de Pascal Jacquet, tout comme la photographie d’Aurélie Martinez où une « coulée verte » sort de la bouche d’une femme, évoquent des corps humains devenus de véritables écosystèmes fertiles. Christelle Mas, Christine Duboz et Thibault Messac, quant à eux, dépeignent cette fusion à travers des micro-organismes, sortes de fragments hybrides (é)mouvants.
Les performances artistiques de l’inauguration de la biennale, viennent renforcer ces explorations plastiques et esthétiques : l’expérience sonore «Le chant des plantes» de Quassine plonge le public dans un univers sensoriel et végétal captivant, suivi d’un voyage chamanique hypnotique orchestré par Phil Canals, où musique électronique et instruments traditionnels se mêlent pour créer un spectacle unique et magique.
La compagnie marseillaise META CARPE clôture la soirée du samedi avec « ÜBM / variations », performance qui présente un robot végétal quelque part entre l’übermensch / le surhomme de Nietzsche et Man Machine de Kraftwerk.
Le dimanche, pour le déjeuner, l’artiste bordelaise Enora Lalet régale les convives avec son installation culinaire inédite et délicieusement poétique« Jungle ».
Durant les deux jours, sur le parvis des Vivres de l’art, la Tinbox, galerie mobile de Nadia Russell, accueille l’artiste Ema Eygreteau avec une oeuvre démesurée et spécifiquement créée pour l’occasion : une cellule végétale XXL ouvragée au crochet.
Une visite commentée de l’exposition par Céline Lalau de l’association l’Irrégulière en présence des artistes clôture la biennale.
Vidéo Organo #5 : Carnation végétale

Bruno FALIBOIS
Le moi peau n°1
Photographie numérique,
impression sur plexiglas et sur papier, 30 x 40 cm – 2018.
© B. Falibois

Adriano RIVA - Bureau des Pensées Perdues
Vision
Vidéo performance, 1’16 mn – 2017. © A.Riva

Carmen HERRERA NOLORVE
Pachamama Híbrida, Sinfonía de primavera
Linogravure, pointe sèche et burin sur papier
fait à la main, 100 x 70 cm – 2019.
© C. Herrera Nolorve

Aurélie MARTINEZ
Flots
Techniques mixtes, diamètre 60 cm – 2019 . Photos : C.Eygreteau


Christophe CHELABI
Harm Dryad (Ordinary Mythology)
Technique mixte : écorces, branches, viande, dimensions variables – 2019.
Photo : Tamkka

David ORTSMAN
Sans titre
Encres, aquarelles et feutre indélébile sur toile, 80 x 80 cm – 2018.
© D. Ortsman

Christine DUBOZ
Wirikuta
Gravure lino, tirages gaufrages marouflés sur bois, 22 x 29 cm – 2018-2019. Photo : N. Canals

DS
Domino Domina (ci-dessus)
Vidéo, 3’37 min – 2017. © DS
Installation BDSM fruits & légumes (ci-dessous)
Photo : A. Courbin


Christelle MAS
Vision (ci-dessus)
Photographie numérique,
impression sur papier fine art
métallique contrecollée sur aluminium, 53 x 70 cm – 2013.
Photo : E. Eygreteau
Reptile (ci-dessous)
Photographie numérique,
impression sur papier fine art métallique contrecollée sur aluminium,
53 x 70 cm – 2014.
© C. Mas


Elissar KANSO
OUH-VERTE !
Installation moule en plâtre sur châssis
ond entoilé, bombe doré, graines germées, Longueur au sol 50 cm – 2019.
Photo : E. Eygreteau

Enora LALET
Diptyque : Nangka Macet & Sanggul Kacang Panjang (série Tata Boga, Indonésie)
Technique mixte.
Photographie : Matthias Lothy, tirage labo contrecollé sur dibond, 60 x 90 cm.
Ce diptyque est exposé pour la première fois en France – 2017. © E. Lalet


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Iris MIRANDA
Embrassée
Gravure à la pointe sèche, estampe sur papier, 22 x 27 cm – 2017.
© I.Miranda

Juliette PÉLINARD
Hybridations
Impression laser sur papier recyclé, 29,7 x 42 cm – 2018. © J. Pélinard

Gabriel CALVIAC
Sans titre
Photographie numérique, 13 x 18 cm – 2017.
© G. Calviac

Jean-Pierre REY
Sans titre
Tirage argentique sur papier baryté,
20 x 25 cm – 2017.
Photo : N. Canals

Laure JOYEUX
In Memoriam
Broderie et couture au fil de coton et fil
de soie végétale, radiographies, papier
de feuilles de bambou, de feuilles de
chêne et de feuilles d’érable, organza,
130 x 65 cm – 2019.
Photo : N. Canals

Marine NOUVEL
Greffe
Photographie numérique, tirage sur papier brillant 20 x 30 cm – 2018.
© M. Nouvel

Nadia Russel KISSOON
Helix Aspersa
Installation : Vidéo VHS (2001) « Hydra Mucus Masque Helix Aspersa » 11’36 min, téléphone portable, terrarium et plantes, guéridon – 2019. Photos (de gauche à droite) : A. Courbin, C. Eygreteau


Thibault MESSAC
Globulaire
Impression photographique sur bâche, 400 x 300 cm – 2018. © T. Messac


Durant les deux jours, sur le parvis des Vivres de l’art, la Tinbox accueille l’artiste Ema Eygreteau. L’artiste présente l’installation Gossipium 3.0 spécialement créée pour Organo 5 & pour la Tinbox.
Gossipium 3.0, est une installation qui propose l’observation à l‘échelle macroscopique d’une mise en culture d’une cellule mi végétale mi humaine. Cette oeuvre polymorphique filée s’appuie sur la forme structurelle des pollens observés au microscope électronique.
Dans un premier temps, le propos est de rendre visible à l’oeil nu un processus de mise en culture d’un greffon de cellules végétales et humaines par le format XXL. Dans un second temps, l’oeuvre vise à questionner les manipulations génétiques et propose un regard critique sur l’Anthropocène.
La Tinbox, milieu stérile, lieu d’expérimentation sans régulateur de croissance devient le lieu de la mise en culture de cette étrange cellule fabriquée par l’Homme. Mythologie personnelle, elle propose une histologie imaginaire d’un Gossipium. Sur les parois blanches immaculées rappelant l’espace aseptisé du laboratoire, des cellules polylobées cultivent l’ambiguïté des sens. Les protubérances anthropomorphiques forcent le passage de la membrane cellulaire. L’oeuvre prolifère, se multiplie, échappant ainsi à tout contrôle.

La Tinbox est une galerie d'art contemporain mobile dédiée à la diffusion des expositions dans les espaces publics sous la direction de Nadia Russell Kissoon.

Ema EYGRETEAU
Gossipium 3.0 (installation spécialement créée pour Organo 5 & pour la Tinbox)
Technique mixte : coton teintures naturelles et industrielles, crochet, cellules végétales XXL – 2019.
© E. Eygreteau

Dans un même temps cette installation questionne le processus de création aussi bien dans la cellule hybridée en devenir que dans le choix des matériaux utilisés : le naturel et l’industriel. La main de l’Homme n’est jamais très loin tant au niveau du processus de création de la forme que des matériaux.
Fleur de coton, pollen de coton, le coton brut a été manipulé, transformé. Certaines teintes sont la résultante d’une extraction de la carnation de plante dans une teinture naturelle. En étant crochetées, elles viennent dialoguer, s’entretisser avec des teintes industrielles. A l’image de « Grenouille » du « Parfum » de SUSKIN, l'artiste extrait non pas l’odeur de la peau de ses collectes végétales mais leur carnation. Le choix du coton renforce la symbolique de l’oeuvre.
Gossipium 3.0, greffon intrigant rappelle par ses nodules polylobés qui s’agglomèrent, s’agglutinent, se greffent, se combinent pour proliférer, pointe un futur en devenir plus
ou moins inquiétant.

LE CHANT DES PLANTES - EXPÉRIENCES SONORES & VISUELLES - Quassine
Le chant des plantes est une expérience permettant de rendre sonore l’existence bioélectrique des végétaux. L’artiste touche les feuilles, les tiges, la terre. Le synthétiseur utilise la conductivité naturelle du corps et du vivant pour moduler le son. La musique produite est le
résultat de l’interaction entre le corps de l’artiste et la plante.


KANOAMAOU - PERFORMANCE SONORE CHAMANIQUE - Phil Canals
A l’intérieur de la communauté Yanomami, peuple indigène des forêts d’Amérique du Sud, il est nommé « Kanoamaou » un monologue qui transmet des informations, des souhaits, des désirs, des frustrations ou des griefs… En s’appuyant sur des instruments issus de différentes traditions chamaniques, voici un voyage musical qui nous interpelle, avec force et sagesse, sur le monde du vivant. Hors de tout format habituel, c’est l’esprit de la nature, qui s’exhale de ce spectacle inclassable où s’entremêlent musique chamanique, poésie philosophique et free jazz.
Phil Canals : Saxophones Baryton & Ténor / Voix / Tambour Chamanique / Percussions / Flûtes Amérindiennes Guimbardes Khomus & Dan Moi.
Photos ci-dessus, ci-dessous à droite : Tamkka - Photo ci-dessous à gauche : A. Courbin

ÜBM/VARIATIONS - PERFORMANCE - Cie Méta-Carpe
Qui est « über beast Machine » ? Un robot androïde ? Un hybride végétal anthropomorphe ? D’où vient-il ? Quelle est son histoire ? Cette performance se situe entre expérimentation et théâtre et quelque part entre Nietzsche (l’übermensch / le surhomme) et « The Man Machine » de Kraftwerk.
Depuis 2007, l’artiste transdisciplinaire Michaël Cros développe à la Méta-Carpe un univers étrange et inquiétant constitué de corps hybrides, mécanisés, sombres et végétaux. Les créatures, ersatz d’une humanité « altérée », lui permettent de questionner notre condition humaine en lien avec les non-humains, quelle que soit leur échelle. Entre espèces menacées y aurait-il un avenir commun à
inventer ?

Performance soutenue par le Centre le la marionnette de Wallonie-Bruxelles à Tournai projet Europe Creative : Numeric’s Art and puppetry Project (NAPP)
Porteur de projet, marionnettes, vidéos et jeu : Michaël Cros
Programmation, scénographie numérique, composition et jeu : Sylvain Delbart
Complices chercheurs : Adrien Meguerditchian (éthologie) et Jérémy Damian (anthropologie)
Lumière : Greg Mittelberger
Constructeurs : Manu Fleury, Mario Mathis et Greg Mittelberger
Ecriture site web : Frédérique Chateau et Michaël Cros
Complices constructeurs pour le robot-marionnette : Alexandre Aubin et Severino da Silva
Peau ÜBM : Nathalie Guichon


JUNGLE - INSTALLATION CULINAIRE - Enora Lalet
Installation comestible inspirée des maquettes miniatures sur le thème du végétal au milieu de laquelle dorment camouflés deux visages humains qui s’éveillent et dialoguent dans une ambiance sonore de forêt tropicale. L’univers chlorophylle s’envisage comme une pièce de théâtre à l’horizontale, des visages verdâtres, mi-hommes, mi- plantes émergent d’une prairie ou des mets se picorent comme une part du paysage culinaire. Au-dessus de ce buffet, sont suspendues des poches à douilles remplies de topping qui coulent sur le paysage à déguster.
Photos : C. Eygreteau
Concept, écriture & réalisation : Enora Lalet
Technique & réalisation : Mathias Lothy
Soundtrack : Waagal
Performeur 1 : Christophe Chélabi
Performer 2 : Dawa Salfati
Production : T. Prod
Vernissage vert et organique – Photos : A.Courbin
Visite commentée de l’exposition par Céline Lalau (Association l’Irregulière) en présence des artistes.
Photos : C. Eygreteau
Nos partenaires : Les Vivres de l'Art, Mollat, Boesner, Tinbox Galerie, L'irrégulière, Labogravure, D'éco Solidaire, Université Bordeaux Montaigne, Chat noir-Cha vert, Art en fac, Kunsthalle, IDDAC, Château Marzin, arts promotion Centre Finlande, Mairie de Bordeaux quartier Bordeaux Maritime.







